Aller au contenu
moorea
Vue aérienne à la verticale d’une plage déserte au couchant : l’ombre du drone dessine une petite croix sur le sable, au centre des lignes concentriques laissées par les vagues.

Drone & capture

Le logo au nadir, et le vrai problème du zénith en drone

Au sol, le trou d’un panorama 360 est sous vos pieds et un logo le bouche. En drone, il est au-dessus de votre tête - et aucun logo ne le comble.

ParJean-Charles5 min de lecture

Tous les tutoriels de panorama 360 que vous trouverez en ligne vous expliquent la même chose : au bas de votre sphère, il y a un trou - le nadir - parce que le trépied y était, et qu’on ne photographie pas ce sur quoi on est posé. La solution universelle est d’y coller un logo rond.

Ce conseil est excellent. Il est aussi, en visite virtuelle aérienne, presque entièrement hors-sujet - et le vrai problème est ailleurs.

Au sol, le trou est sous vos pieds

Un panorama pris au trépied a un défaut mécanique : le point situé exactement à la verticale vers le bas n’a jamais été photographié. À sa place, on trouve un flou étiré, les pieds du photographe, ou l’ombre du matériel.

L’usage s’est donc installé : on masque la zone par un disque, généralement le logo de l’agence. Deux bénéfices d’un coup - le défaut disparaît, et la marque signe l’image. La SERP française sur « logo nadir 360 » est d’ailleurs entièrement anglophone, ce qui en dit long sur l’origine de la pratique.

En drone, le trou est au-dessus de votre tête

Sous un drone, il n’y a pas de trépied. Il y a le sol, photographié franchement, et souvent l’un des plus beaux angles de la mission : la piscine vue à la verticale, le dessin des greens, les allées d’un camping. Le nadir aérien n’est pas un défaut, c’est un argument de vente.

Où se trouve le trou de la sphère

Panorama au trépied

Nadir

Sous l’appareil : pieds du trépied, ombre du matériel, flou étiré. Une zone sans intérêt, qu’un disque peut couvrir sans rien coûter.

Panorama au drone

Zénith

Au-dessus de l’appareil : hélices, corps du drone, angle que la nacelle ne peut pas atteindre. Aucun logo n’y a sa place.

Le trou, lui, a changé de place. Il est au zénith - juste au-dessus de l’appareil, là où se trouvent les hélices, le corps du drone, et l’angle que la nacelle ne peut physiquement pas atteindre. Selon les modèles et les modes d’assemblage, cela va d’une petite tache floue à un cône entier de ciel manquant.

Pourquoi personne n’en parle

Parce que la littérature du panorama 360 a été écrite par des photographes au sol, pour des photographes au sol, il y a dix ans. Le vocabulaire, les outils et les conseils en portent la marque. Un télépilote qui cherche « comment corriger le nadir » trouve mille réponses ; il en trouve très peu sur le zénith, alors que c’est son problème.

Le paradoxe est amusant : les deux communautés ont un trou dans leur sphère, elles le nomment pareil, et ce n’est pas le même.

Ce qu’on peut faire du zénith

Trois approches, par ordre de discrétion.

Le laisser. C’est plus défendable qu’il n’y paraît. Un visiteur de visite aérienne regarde vers le bas et vers l’horizon ; il lève rarement les yeux vers un ciel uniforme. Sur un panorama de milieu de journée sans nuage, la zone manquante passe totalement inaperçue.

Le remplir par un dégradé. Le ciel autour du trou est presque toujours un aplat qui varie lentement. Prolonger cette couleur vers le point zénithal produit un résultat que personne ne détecte, pour un coût de calcul nul. C’est le comportement par défaut de notre pipeline, et il suffit dans la grande majorité des cas.

Le reconstruire. Quand le ciel a de la structure - des nuages, un contre-jour, une traînée d’avion - un dégradé se voit : le raccord est trop propre au milieu d’un ciel qui ne l’est pas. C’est là qu’une reconstruction par apprentissage prend le relais et invente la continuité des nuages. Utile, mais réservé à ce cas précis : sur un ciel bleu uni, elle ne fait que consommer du temps de calcul pour un résultat identique au dégradé.

Et le logo, alors ?

Il garde une place, mais ce n’est plus celle qu’on lui prête.

Sous un drone, incruster un logo au nadir revient à masquer volontairement une partie du sujet - celle-là même que le client a payée pour être vue.

Nous avons gardé la fonctionnalité, parce que certains cas la justifient :

  • un domaine qui veut signer ses images ;
  • une visite intérieure prise au trépied dans la même série ;
  • une contrainte de marque à laquelle le client ne peut pas déroger.

Mais nous ne la présentons plus comme une bonne pratique de l’aérien, parce qu’elle n’en est pas une.

À retenir

Si vous venez du panorama au sol, désapprenez un réflexe : en aérien, le nadir est votre meilleure image et le zénith est votre trou. Regardez ce qu’il y avait dans le ciel le jour du vol - s’il était uni, vous n’avez rien à faire ; s’il était nuageux, c’est là qu’il faut mettre l’effort, pas sous vos pieds.

Jean-Charles

Développeur et télépilote de drone. Construit Moorea au sein d’Elvn Studio.

Pour aller plus loin

Un lieu à montrer, vu du ciel ?

Le plan gratuit suffit pour publier une première visite et la montrer.