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Photo aérienne au couchant d’une pointe rocheuse surmontée d’un phare, prise de haute altitude, où la texture de la roche et les rides de l’eau restent finement détaillées.

Drone & capture

Quelle définition pour une visite virtuelle nette ?

Les mégapixels ne disent rien de la netteté d’un panorama 360. La seule métrique qui compte est la densité angulaire, en pixels par degré.

ParJean-Charles6 min de lecture

« Mon panorama fait 100 mégapixels, il sera net. » C’est l’erreur la plus répandue chez les télépilotes qui livrent leur première visite virtuelle aérienne, et elle coûte des reprises de mission.

En 360, les mégapixels ne veulent rien dire. Ce qui compte, c’est la densité angulaire : combien de pixels votre image consacre à chaque degré du champ de vision. Un chiffre, une division, et vous saurez avant de décoller si votre livrable tiendra au zoom.

Pourquoi les mégapixels mentent

Une photo classique couvre peut-être 70° de champ. Un panorama sphérique en couvre 360 en largeur et 180 en hauteur. À définition égale, l’image sphérique étale donc ses pixels sur une surface angulaire cinq fois plus grande.

Densité angulaire, à largeur d’image égale

Photo classique

86 px/°

6 000 pixels de large étalés sur 70° de champ.

Panorama sphérique

17 px/°

Les mêmes 6 000 pixels, mais étalés sur 360°.

Densité = largeur de l’image ÷ champ couvert.

Concrètement : un panorama équirectangulaire de 6 000 × 3 000 pixels affiche fièrement 18 mégapixels. Mais ces 6 000 pixels de large couvrent 360° - soit 17 pixels par degré. Un écran de laptop récent, lui, en réclame trois fois plus quand le visiteur zoome. D’où l’impression de flou, alors que le fichier « fait 18 mégapixels ».

Le calcul, en une ligne

La densité angulaire d’un panorama équirectangulaire se calcule ainsi :

densité (px/°) = largeur de l’image ÷ 360

C’est tout. Voici ce que cela donne sur les définitions qu’on croise réellement en sortie de drone :

Source équirectangulaire Densité angulaire
6 000 × 3 000 17 px/°
8 000 × 4 000 22 px/°
12 000 × 6 000 33 px/°
14 400 × 7 200 40 px/°
16 384 × 8 192 46 px/°

En face, le besoin réel de l’écran du visiteur. Il dépend du zoom maximal autorisé par le lecteur - chez nous, 40° de champ vertical :

Contexte Hauteur d’écran Besoin au zoom maximal
Mobile 850 px 21 px/°
Laptop retina 1 800 px 45 px/°
4K plein écran 2 160 px 54 px/°

Ce que ces deux tableaux disent vraiment

Trois conclusions, et elles changent la façon de préparer une mission.

Au champ de repos, presque tout passe. À l’ouverture d’une visite, le lecteur affiche 90° de champ. Le besoin tombe alors à 9 px/° sur un téléphone et 20 px/° sur un portable retina : une source de 8 000 pixels est nette à l’ouverture sur les deux.

C’est ce qui explique qu’un panorama médiocre puisse « bien rendre » sur la capture d’écran d’un devis, et décevoir dès que le client joue avec.

Le flou n’apparaît qu’au zoom, et il dépend de l’écran du visiteur. Un téléphone est servi dès 7 500 pixels de large ; un portable retina en demande 16 000. C’est l’écart utile à retenir, et il explique pourquoi la même visite peut être jugée nette et molle le même jour.

Le seuil qui fait basculer

45 px/°

C’est ce que demande un portable retina au zoom maximal, et seule une source de 16 000 pixels de large l’atteint. En dessous, le flou se voit dès que le visiteur s’approche depuis un écran de bureau.

1 800 px de hauteur ÷ 40° de champ = 45 px/°.

Le mobile est plus indulgent que le bureau. Contre-intuitif, mais mécanique : un écran de téléphone a moins de pixels en hauteur qu’un laptop retina. Si votre client valide la visite sur son téléphone et se plaint depuis son bureau, ce n’est pas de la mauvaise foi.

Ce que vous pouvez faire à la prise de vue

La densité se gagne au moment du vol, pas après. Trois leviers, par ordre d’efficacité.

Le nombre de prises. Un panorama assemblé à partir de 26 photos a mécaniquement plus de pixels qu’une sphère automatique en 21 prises. Sur les DJI récents, le mode sphère complet est un bon compromis ; l’assemblage manuel au sol reste supérieur quand la définition compte.

L’altitude. Voler plus bas ne change pas la densité angulaire, mais change ce que chaque degré contient : à 25 mètres, un degré couvre moins de terrain qu’à 60. Le détail perçu augmente, même à définition identique. C’est le levier le plus sous-estimé.

L’assemblage au sol. Les logiciels d’assemblage produisent des sorties bien au-delà de ce que le drone génère seul. Nous acceptons jusqu’à 32 000 pixels de large, en JPEG, PNG, TIFF ou AVIF - soit 89 px/°, largement au-dessus du besoin d’un écran 4K.

Et l’amélioration logicielle ?

Elle existe, elle fonctionne, et elle a un domaine d’emploi étroit. Doubler la définition d’une source de 8 000 pixels la fait passer de 22 à 44 px/° : on frôle le besoin d’un portable retina, à un point près. Doubler une source de 16 000 pixels ne produit que du poids - le besoin était déjà couvert.

À retenir

Divisez la largeur de votre panorama par 360. Si le résultat dépasse 45 px/°, votre visite tiendra le zoom sur un écran de bureau. En dessous de 21, elle sera nette à l’ouverture et molle dès que le visiteur s’approche, y compris sur un téléphone - ce qui est précisément le moment où il s’intéresse à quelque chose.

Jean-Charles

Développeur et télépilote de drone. Construit Moorea au sein d’Elvn Studio.

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