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Rivage vu du ciel, une seule sphère de verre posée sur le sable clair, un trait en pointillés dorés qui s’en échappe vers le bord du cadre.

Guide

Publier une photo 360 sur Google Maps : le guide 2026

Ce que Google exige d’une image, les trois outils qui restent, et ce que ça change quand on a vingt panoramas plutôt qu’un.

ParJean-CharlesMis à jour le11 min de lecture

Mettre un panorama sur Google Maps était simple jusqu’en 2023 : une application dédiée, un bouton, c’était fini. Google a retiré l’application Street View des magasins le 21 mars 2023, et depuis, la question revient sur tous les forums de télépilotes sans jamais recevoir de réponse à jour.

Ce guide dit ce que Google accepte aujourd’hui, par quels outils, et ce qui change quand les panoramas sortent d’un drone plutôt que d’un trépied. Il s’adresse autant au télépilote qui veut ajouter une ligne à son devis qu’au gestionnaire d’établissement qui se demande pourquoi sa visite virtuelle aérienne n’apparaît nulle part sur la carte.

Ce que Google exige d’une image

Une sphère complète, géolocalisée, en JPEG. Les contraintes sont peu nombreuses mais strictes : un fichier qui n’y satisfait pas est refusé sans autre explication.

Le minimum exigé pour une photo 360 sur Google Maps

7,5 MP

Soit un peu moins que du 4K en équirectangulaire. Tous les panoramas de drone assemblés automatiquement dépassent largement ce seuil ; le risque est ailleurs, dans le rapport d’aspect et les métadonnées.

Documentation publique de Google Maps, relevée le 27 août 2026

La liste complète tient en cinq points :

  • JPEG. Pas de PNG, pas de TIFF, pas de RAW.
  • Rapport 2:1 exact. Une sphère équirectangulaire fait deux fois plus large que haut. Un recadrage même léger casse la projection et fait refuser le fichier.
  • 7,5 mégapixels au minimum, sans maximum utile en pratique : Google réduit lui-même au-delà de ses propres plafonds.
  • Les métadonnées de sphère (le bloc XMP dit « GPano »). C’est par elles que Google sait qu’il regarde un panorama et non une photo très large. Un logiciel de retouche qui « nettoie » les métadonnées à l’export transforme votre sphère en image plate.
  • Des coordonnées. Sans latitude et longitude, la photo n’a nulle part où aller.

Les trois chemins qui restent

Google en propose deux, les plateformes de visite virtuelle en proposent un troisième. Aucun n’est meilleur dans l’absolu : le bon choix dépend surtout du nombre de panoramas que vous avez à publier.

Application Google MapsStreet View StudioUne plateforme de visite
Ce qu’on envoieUne photo à la foisDes fichiers en lotToutes les vues d’une visite
Depuis quoiUn téléphoneUn navigateurUn navigateur
Préparer le fichierÀ votre chargeÀ votre chargeFait pour vous, en général
Flèches entre les panoramasAucuneDéduites du trajetReprises de la visite
Rattacher à une fiche d’établissementCelle depuis laquelle on publieNonOui
Retirer une photo plus tardDans vos contributionsDans StudioDepuis l’outil
PrixGratuitGratuitCompris dans un abonnement
Relevé le 27 août 2026 sur la documentation publique de Google et sur les grilles tarifaires des éditeurs cités plus bas.

Chemin 1 : l’application Google Maps

C’est le chemin officiel pour une photo isolée, et il ne coûte rien. Il passe par l’onglet de contribution de l’application mobile, ce qui suppose que le fichier soit sur le téléphone.

  1. 01

    Transférez le panorama assemblé sur le téléphone

    C’est l’étape qui coûte le plus de temps quand les fichiers pèsent 30 ou 40 Mo pièce. Passez par un câble ou un partage réseau plutôt que par une messagerie, qui recompresserait l’image et pourrait emporter les métadonnées avec.

  2. 02

    Ouvrez la fiche du lieu dans Google Maps

    La photo se rattache à un établissement existant. Si le lieu n’a pas de fiche, la photo ira quand même sur la carte, mais elle n’entrera dans la galerie de personne.

  3. 03

    Photos, puis Ajouter des photos

    Google reconnaît la sphère à ses métadonnées et la traite comme un panorama. S’il la traite comme une photo ordinaire, c’est le signe que le bloc XMP a été perdu en route.

  4. 04

    Vérifiez le point sur la carte

    Les coordonnées de l’EXIF placent la photo, mais un drone géolocalise le point de décollage aussi bien que le point de prise de vue. Un panorama posé cinquante mètres à côté se corrige, et il vaut mieux le faire tout de suite.

Pour un panorama, ce chemin est parfait. Pour la captation d’un camping, il faut refaire les quatre étapes autant de fois qu’il y a de points de vue, sans jamais obtenir de flèches entre eux : sur la carte, vos panoramas resteront des points isolés.

Chemin 2 : Street View Studio

Studio accepte les imports en lot, mais il a été conçu pour les trajets. L’aide de Google qui le documente est écrite pour les vidéos 360, et la page qui invite à contribuer recommande des caméras à monter sur un véhicule ou sur un casque.

C’est cohérent avec son objet : Studio sert à cartographier une rue, un sentier, une piste. Il découpe une vidéo en images successives, les aligne le long du parcours et en déduit les connexions. Si vous filmez une allée de camping en roulant, c’est l’outil qu’il vous faut.

Ce n’est pas l’outil d’une visite aérienne, où les points de vue sont épars et choisis : six sphères au-dessus d’un parcours de golf ne forment pas un trajet, et aucune vidéo ne les relie.

Chemin 3 : depuis une plateforme de visite virtuelle

Trois éditeurs vendent cette fonction, avec trois modèles économiques différents. Tous publient sous votre compte Google, ce qui est la seule façon de faire depuis que le programme photographe de Google a fermé.

  • GoThru est le plus ancien et le plus outillé du lot côté modération Google : connexions entre panoramas, floutage, gestion des niveaux. Son modèle est à la visite - forfaits à 0, 15, 34 et 75 $ par mois avec un quota de visites publiées, puis 14 $ par visite au-delà (relevé du 27 août 2026 sur gothru.co).
  • CloudPano en fait un argument central de son offre : la publication vers Street View est portée par le palier Pro Plus, à 33 $ par mois en annuel (relevé du 27 août 2026 sur cloudpano.com). Le palier Pro, en dessous, ne l’inclut pas.
  • Moorea la comprend dans le plan Pilot, à 19 € HT par mois, avec le reste de la plateforme.

Le critère de choix n’est pas le prix mais ce que vous publiez à côté. GoThru est un outil de publication Google : si c’est tout ce que vous vendez, il fait le travail mieux que quiconque. Les deux autres sont des plateformes de visite virtuelle où la carte est une sortie parmi d’autres.

Le cas du drone, que les guides au sol ne traitent pas

Trois différences comptent, et aucune n’est mentionnée dans les tutoriels de panorama au trépied.

La première est le zénith. Sur un panorama pris au sol, le trou est sous vos pieds, au nadir, et l’usage veut qu’on y colle un logo. Sous un drone, c’est l’inverse : le trou est au-dessus, là où l’appareil ne peut pas photographier. Sur Google Maps, ce trou reste visible, et il faut résister à l’envie de le boucher avec un logo : la charte des contenus contribués proscrit le contenu promotionnel, et Google retire ce qui l’enfreint, sans recours.

La deuxième est le cap. Un panorama assemblé par le drone porte une orientation souvent approximative. Dans une visite, personne ne le remarque. Sur une carte, une flèche qui pointe au sud quand la mer est au nord se voit immédiatement : corrigez le cap avant de publier, pas après.

La troisième est la hauteur de prise de vue. Une sphère prise à quarante mètres ne ressemble à rien de ce que Google a l’habitude de recevoir. C’est précisément ce qui la rend utile - le lieu entier, ses volumes, ses distances - et c’est aussi ce qui la rend inhabituelle pour un visiteur qui s’attendait à la rue. Une photo aérienne bien placée vaut mieux que dix mal réparties.

À qui appartiennent les photos publiées ?

Au compte Google qui les a publiées, et à personne d’autre. C’est la question la plus importante du guide, et la moins traitée.

Un télépilote qui publie la fiche d’un client sous son propre compte garde les photos quand le client s’en va : le client ne pourra ni les modifier ni les retirer. À l’inverse, publier sous le compte du client lui laisse la main pour toujours, y compris contre vous. Aucun des deux montages n’est mauvais - mais choisir par défaut, sans y penser, en est un.

La règle pratique tient en une phrase : si la visite appartient au lieu, le compte doit lui appartenir aussi. C’est le même raisonnement que pour le nom de domaine, et il se tranche au moment du devis, pas six mois plus tard.

Et si vous ne voulez pas passer par Google

Il existe une alternative française, ouverte, et elle est sérieuse. Panoramax est né en 2022 d’une initiative de l’IGN et de l’antenne française d’OpenStreetMap : chacun y verse ses photos géolocalisées, à 360 degrés ou non, sous licence libre.

Le projet dépasse les cent millions de photos et neuf cent mille kilomètres de voirie couverts, et une fondation devait être constituée en août 2026 pour porter sa croissance hors de France. Ce n’est pas un substitut à Google pour la visibilité commerciale : l’audience n’a rien de comparable. C’est en revanche le bon choix quand la donnée doit rester ouverte, réutilisable et hors d’un service dont les règles changent sans préavis.

Les deux ne s’excluent pas. Rien n’interdit de publier chez Google pour être vu et sur Panoramax pour que la donnée survive.

Questions fréquentes

Peut-on publier une photo prise par drone ? Oui. Rien dans les règles de contribution de Google ne réserve les photos 360 aux prises de vue au sol ; ce sont les mêmes exigences de format et la même charte de contenu qui s’appliquent.

Faut-il une adresse Gmail ? Non, n’importe quel compte Google convient, y compris créé sur une adresse professionnelle.

Combien de temps avant que la photo apparaisse ? Personne ne peut vous le dire, et méfiez-vous de qui l’annonce. La modération est asynchrone et sans appel : elle prend des heures ou des jours, elle peut refuser, et elle peut retirer une photo bien après l’avoir acceptée.

Peut-on retirer une photo publiée ? Oui, depuis le compte qui l’a publiée - dans vos contributions Google, dans Street View Studio, ou depuis l’outil qui a servi à publier quand il le propose.

Est-ce que ça remplace une visite virtuelle ? Non. Sur la carte, il y a des panoramas et des flèches. Dans une visite, il y a la navigation par zones, les fiches, le plan interactif, le bouton de réservation et les statistiques. La carte fait venir, la visite fait rester.


Si vous publiez déjà des visites aériennes, la question n’est pas de savoir s’il faut aller sur la carte, mais sous quel compte. Réglez celle-là, le reste n’est que du format. Et si vous voulez voir à quoi ressemble le chemin le plus court entre les deux, la publication depuis la visite tient en un bouton.

Jean-Charles

Développeur et télépilote de drone. Construit Moorea au sein d’Elvn Studio.

Un lieu à montrer, vu du ciel ?

Le plan gratuit suffit pour publier une première visite et la montrer.