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Golf en bord de mer vu du ciel au lever du jour, les fairways déserts, aucune présence humaine sur le parcours.

Guide

Survoler un camping ou un golf : les règles 2026

La réglementation drone est bien documentée. Le cas qui intéresse un camping ou un golf ne l’est presque jamais : voler au-dessus d’un site ouvert, avec des clients dedans. Voici ce qui s’applique en 2026.

ParJean-CharlesMis à jour le8 min de lecture

La réglementation drone française est abondamment expliquée. Le cas qui intéresse réellement un camping, un golf ou un domaine ne l’est presque jamais : peut-on voler au-dessus d’un site ouvert, avec des clients dedans ?

La réponse courte tient en une phrase, et elle surprend souvent : dans la catégorie qui concerne la quasi-totalité des prestations, non - et la solution n’est pas une autorisation, c’est un créneau.

Ce qui a changé au 1er janvier 2026

Les scénarios standards nationaux S-1, S-2 et S-3 ont disparu. Seuls subsistent les deux scénarios standards européens, STS-01 et STS-02, et ils imposent des drones de classe C5 ou C6 que peu de flottes possédaient jusqu’ici.

STS-01 STS-02
Classe de drone C5 C6
Vue directe oui oui, ou observateurs d’espace aérien
Hauteur maximale 120 m 120 m
Zone au sol contrôlée, y compris en zone peuplée contrôlée, en zone peu peuplée
Distance maximale vue directe 1 km, ou 2 km avec observateurs

Le télépilote doit détenir le CATS, le certificat d’aptitude aux scénarios standards. Au-delà de ces deux scénarios, il faut une autorisation d’exploitation obtenue après une analyse de risque SORA.

Le vrai obstacle : vos clients

La catégorie Ouverte couvre l’immense majorité des prestations de visite virtuelle. Elle est simple, rapide, et elle porte une interdiction qui ne se contourne pas : le survol d’un rassemblement de personnes y est interdit pour toutes les classes de drone.

Un rassemblement se caractérise par une densité qui empêche la dispersion rapide. Une piscine de camping un 14 août, un départ de compétition sur un golf, une terrasse de restaurant en service : tout cela en relève.

Dérogation possible en catégorie Ouverte pour survoler un rassemblement

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Ce n’est pas une question d’autorisation à demander : la catégorie elle-même l’exclut. Pour voler au-dessus de personnes non impliquées, il faut passer en catégorie Spécifique, avec une zone au sol contrôlée.

Règlement d’exécution (UE) 2019/947, catégorie Ouverte. Consulté en août 2026.

Même hors rassemblement, la sous-catégorie A2 - celle qui autorise à s’approcher des personnes - impose un drone de classe C2 de moins de 4 kg et une distance horizontale minimale de 30 mètres des personnes non impliquées, réduite à 5 mètres en mode basse vitesse. Sur un camping en juillet, tenir 30 mètres de tout le monde relève de l’exploit.

La solution que tout le monde finit par adopter

Elle ne figure sur aucun formulaire, et c’est pourtant la seule qui marche : on vole quand il n’y a personne.

  1. 01

    Choisir la fenêtre

    Tôt le matin avant l’ouverture, un jour de fermeture hebdomadaire, ou hors saison. Sur un camping, la première quinzaine de juin et la dernière de septembre concentrent presque toutes les missions.

  2. 02

    Vider la zone survolée, pas tout le site

    Il ne s’agit pas de fermer l’établissement. Il s’agit de tenir libre la zone effectivement survolée pendant les quelques minutes de chaque prise de vue, et de la faire évoluer avec le vol.

  3. 03

    Prévenir les personnes présentes

    Le personnel d’abord, les clients ensuite si certains sont sur place. Un mot à l’accueil et un balisage léger suffisent, et ils évitent la conversation désagréable pendant le vol.

  4. 04

    Vérifier la zone aérienne

    Proximité d’un aérodrome, zone militaire, parc naturel, agglomération : la carte des zones UAS le dit. Certaines zones demandent un protocole ou un délai de plusieurs semaines.

  5. 05

    Obtenir l’accord écrit de l’établissement

    Il ne remplace pas les règles de l’air, mais il est indispensable de l’autre côté : on ne survole pas une propriété privée à basse hauteur sans l’accord de son exploitant.

Le meilleur argument pour cette méthode n’est d’ailleurs pas réglementaire, il est photographique. Une visite virtuelle qui montre des allées désertes et des transats vides se vend mieux qu’une visite peuplée : le visiteur s’y projette, au lieu de compter les autres vacanciers. C’est exactement ce que recommande notre guide Créer une visite virtuelle par drone.

Deux autorisations qu’on confond tout le temps

C’est l’erreur la plus fréquente, des deux côtés.

L’accord de l’établissement ne vous autorise pas à voler. Un directeur de camping peut signer ce qu’il veut : il ne délivre pas d’autorisation aéronautique. Les règles de l’air s’appliquent au-dessus de sa propriété comme ailleurs.

Et l’inverse est tout aussi vrai. Être en règle avec la DGAC ne donne aucun droit de survoler une propriété privée à basse hauteur sans l’accord de son exploitant. Il faut les deux, systématiquement.

Le cas des zones sensibles

Certains sites cumulent les contraintes, et il vaut mieux le savoir avant de poser une date.

Les parcs naturels et réserves. Le survol y est fréquemment interdit ou soumis à autorisation, indépendamment des règles aéronautiques. Un domaine viticole en zone Natura 2000 ou une station de montagne dans un parc national relèvent souvent de ce régime.

La proximité d’un aérodrome. Elle ne rend pas le vol impossible, mais elle impose un protocole et parfois un contact préalable avec le gestionnaire de l’aérodrome. Les délais se comptent en semaines.

L’agglomération. Un camping en périphérie urbaine ou un golf municipal peuvent tomber en zone peuplée, ce qui change la sous-catégorie applicable et, depuis 2026, oriente vers STS-01 et sa zone au sol contrôlée.

Questions fréquentes

Faut-il fermer le camping pour faire les prises de vue ? Non. Il faut tenir libre la zone effectivement survolée pendant chaque prise de vue, ce qui se règle en volant tôt le matin ou hors saison. Fermer l’établissement n’a jamais été nécessaire.

Un client peut-il apparaître sur une image ? Mieux vaut l’éviter, et pas seulement pour le droit à l’image : une visite virtuelle se regarde pendant des années, et les personnes photographiées datent l’image plus sûrement qu’un millésime.

Le télépilote doit-il être déclaré ? Oui. Tout exploitant professionnel doit être enregistré et disposer d’un numéro d’exploitant UAS, ainsi que d’une assurance responsabilité civile aérienne. C’est la première chose à vérifier.

Et si le site est dans une zone interdite ? Il reste des solutions, mais elles se préparent : autorisation spécifique, protocole avec le gestionnaire de la zone, ou report sur une fenêtre autorisée. Cela se traite au repérage, pas la veille du vol.

Les règles changent-elles souvent ? Oui, et 2026 en est l’illustration : la disparition des scénarios nationaux au 1er janvier a rendu obsolètes des flottes entières. C’est une raison de plus de travailler avec un télépilote dont c’est le métier.


Vous cherchez un télépilote pour votre établissement ? La page secteurs réunit les douze métiers que nous outillons, chacun avec sa mise en relation. Vous êtes télépilote ? La page télépilotes détaille le modèle.

Jean-Charles

Développeur et télépilote de drone. Construit Moorea au sein d’Elvn Studio.

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